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Une étude en rouge (1887) – Critique

Sherlock Holmes

Auteur : Conan Doyle

Point de départ :

Le docteur John H. Watson, médecin de l’armée britannique, a été blessé durant la guerre en Afghanistan. Rapatrié à Londres, « ce grand cloaque où se déversent irrésistiblement tous les flâneurs et tous les paresseux de l’Empire », il se morfond dans une chambre d’hôtel, sans nul projet de vie. Les finances allant de mal en pis, il se retrouva forcé de trouver une chambre moins chère. C’est alors qu’il croise un ancien collègue, l’ex-infirmier Stamford. En se racontant leurs vies, celui-ci apprend que le docteur cherche un appartement. Et ô coïncidence, un gentleman qu’il connaît est dans la même situation que lui ! Le docteur Watson voit ici sa chance, mais son ancien collègue tempère son enthousiasme : « si vous connaissiez Sherlock Holmes […] vous n’aimeriez peut-être pas l’avoir pour compagnon. » Intrigué, mais nullement effrayé, le docteur Watson est résolu à faire la connaissance de ce mystérieux Sherlock Holmes.

Une étude en rouge couverture

Critique :

Une étude en rouge est la première aventure de Sherlock Holmes. Dans un premier temps, nous assistons à la rencontre du docteur Watson, qui sera le narrateur privilégié des différentes aventures, et du détective. D’emblée le décor est posé sur cet homme fascinant et agaçant : « à mesure que les semaines passaient, je sentais croître et s’approfondir l’intérêt qu’il m’inspirait ainsi que ma curiosité touchant les buts de son existence. » Car Conan Doyle, plutôt que de nous asséner d’entrée le postulat de base de son personnage, met bien une trentaine de pages (en version poche) à nous révéler que Sherlock Holmes est un fameux détective, qui aide la Police là où son seul d’incompétence est atteint. Et cet art de ménager le suspens est une grande marque de fabrique de Conan Doyle, qui sait, à merveille, jouer avec les nerfs du spectateur.

Une fois les présentations faites, le cœur de l’aventure arrive : un mystère bien inextricable à Lauriston Gardons. Un homme, portant le vice sur son visage, mais d’une élégance recherchée, a été retrouvé mort dans une maison vide. La cause de la mort est inconnue. Une bougie rouge se consumait quand le cadavre fut découvert. Les inspecteurs Lestrade et Gregson sont fort démunis devant un tel brouillard. Mais rien d’impossible à Sherlock Holmes. Sa méthode est scientifique, implacable. Alors que Maigret, des années plus tard, s’appuiera sur des ressentis, sur de l’humain pour résoudre ses affaires, Sherlock Holmes, lui, ne repose son investigation que sur des faits précis et vérifiables.

Cependant autour de cette figure, personnification absolue de la déduction, règne une atmosphère des plus envoûtantes. Avec Sherlock Holmes, on se plonge dans le Londres de la fin du XIXème siècle. Ce Londres où tout n’est que fumée, tout est sombre, tout se passe dans de mystérieuses alcôves. Voilà ici le vrai plaisir du lecteur. Il y a certes la jouissance fugace de la résolution de l’enquête, toujours mathématique, mais l’atmosphère un brin putride de ce « cloaque » est délectable. Par ailleurs, sans révéler au lecteur un élément essentiel de l’intrigue, Conan Doyle en brillant curieux qu’il était, nous emmène aussi de l’autre côté de l’Atlantique, sous un soleil de plomb. Le contraste est sidérant, mais l’âme humaine est toujours aussi noire.

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