Auteur : Commissaire Leclerc
Point de départ :
Mémoires haletantes du commissaire Marcel Leclerc, qui fut une figure emblématique de la Police Judiciaire.

Critique :
Ce livre est une mine d’or pour qui s’intéresse aux grandes affaires criminelles de la deuxième moitié du XXème siècle. Écrit par le commissaire Marcel Leclec avec la collaboration étroite de son fils Jean-Marc, journaliste, De l’antigang à la Criminelle nous raconte la vie d’un « superflic » confronté à ce qui s’est fait de pire en matière de criminels.
En effet le commissaire Leclerc fut aux prises avec les plus grandes affaires criminelles de ce siècle : Ben Barka, Goldman, Mesrine, les Zemour, De Broglie, Empain, Fontanet, Action Directe… Autant de noms qui ont défrayé la chronique, provoquant larmes et sang sur leurs passages.
Ce livre est le récit autobiographique d’un breton, fils d’agriculteur, qui dès quinze ans a voulu devenir flic : « de ce jour, une idée m’a habité : je voulais devenir commissaire de police. » Travailleur acharné, il gravit les échelons de la Police Nationale jusqu’à devenir chef de l’Antigang, patron de la Criminelle, directeur de la Police des Polices (l’IGPN) et enfin préfet de police de Lyon. Un parcours exceptionnel qui récompensa un fidèle serviteur de l’Etat français, bien loin des compromissions politiques.
Avec le commissaire Leclerc, on est pris dans le récit haletant de ces grandes affaires. Guerre des gangs, grand banditisme, prise d’otages, terrorisme… Tout y passe. Il fut aux premières loges pour constater l’évolution délétère du crime en France basculant d’un crime organisé, régenté par des familles mafieuses, à un crime anarchique où plus aucune règle ne subsiste.
On assiste à la dure réalité de ce métier de policier où parfois la Justice et les politiques poignardent dans le dos ces hommes qui s’échinent à œuvrer pour la sécurité des Français. Le commissaire Leclerc avait du tempérament, un tempérament de breton, obstiné quoiqu’il en coûte. Il n’eut pas peur de se confronter directement au ministre de l’Intérieur Gaston Deferre qui voulait le mettre gentiment au placard pour des motifs bassement politiques. Car cet homme qui nous a quittés en 2018 avait une conception du devoir fondé sur l’honneur et le mérite qui n’avait pas vocation à rentrer dans le panier de crabes des politiciens.
Se lisant comme un roman, passionnant sur bien des aspects (les enquêtes minutieuses, le terrorisme d’extrême gauche, l’évolution de la Police française…), De l’Antigang à la Criminelle est un témoignage authentique et implacable.
