Tango & Cash – Point de départ
Nous sommes à Los Angeles. Tango est un flic qui ne sort jamais sans son costume trois pièces. Toujours tiré à quatre épingles, il arrête les pires crapules avec un flegme et une assurance qui rendraient jaloux un lord anglais. Cash, lui, est d’un autre style. C’est un flic certes, mais il préfère les frusques délavées et rapiécées au tissu napolitain. Quant à sa coupe de cheveux, on est plus proche du surfeur que du banquier, contrairement à Tango. Ces deux flics, les meilleurs de L.A., donnent des migraines effroyables à l’ignoble Yves Perret (Jack Palance), superméchant notoire, trafiquant de drogues, d’armes et autres gourmandises. Il décide alors de mettre au point un plan machiavélique pour se débarrasser de ces deux défenseurs de la Loi bien trop zélés.

Tango & Cash – Intrigue
Amateurs d’intrigues sophistiqués, de twists surprenants, de rebondissements incessants… Quittez ce chemin ! Tango & Cash vous déplaira en tous points ! Il appartient à un genre particulier dans le film policier : le buddy movie décadent.
Vous connaissez sûrement le buddy movie, ce sous-genre policier où deux personnages, souvent deux flics, aux caractéristiques et caractères très différents, doivent faire équipe ensemble. Au début ça se passe mal, puis après de nombreuses difficultés, ils deviennent les meilleurs copains du monde. C’est un sous-genre que je trouve fort sympathique, malgré son côté très balisé, car lorsque l’alchimie entre les deux personnages principaux fonctionne bien et que l’intrigue et la mise en scène sont correctement troussées, on passe des moments fort agréables : 48 heures, L’Arme fatale, Le Dernier Samaritain… en sont de très bons exemples. Dans le cas de Tango & Cash à l’étiquette « buddy movie » il faut rajouter le qualificatif de décadent. Et nous allons voir pourquoi.

Tango & Cash – Critique
Tango & Cash est un aperçu de ce que le cinéma hollywoodien des années 80 pouvait proposer de pire : incohérences scénaristiques, direction artistique qui part dans tous les sens, empilement de scènes sans articulation entre elles, débauche absurde de moyens, mainmise totale des producteurs, metteur en scène viré à la fin du tournage… Bref, bienvenue dans le monde fabuleux et bienveillant du cinéma !
Il faut savoir qu’au début, les producteurs Peter Guber et Jon Peters avaient le souhait de réunir Stallone et Schwarzenegger, les deux immenses stars du film d’action de l’époque. Même si le buddy movie devenait monnaie courante dans les productions, un tel casting avait de quoi faire saliver. Mais Schwarzy, finalement, ne participera pas au projet. Les deux compères se reportent alors vers Kurt Russel, figure moins connue mais non dénuée de talent. L’alchimie d’ailleurs entre Stallone et Russel est un des points forts du film (et il y en a peu).
À la mise en scène, les producteurs débauchent Andreï Kontchalovski, considéré en Russie comme un très grand réalisateur mais qui aura les pieds et les mains liés durant tout le tournage, avant de se faire renvoyer, car refusant de filmer la scène de fin, qui est un grand moment de n’importe quoi, digne d’un mauvais James Bond.
Il faut donc imaginer que le résultat ne va pas être génial. Qui plus est, Stallone, comme il a l’habitude paraît-il, réécrit constamment le scénario pour se rajouter des punchlines, ou carrément rajouter des scènes, faisant ainsi de l’ombre à d’autres comédies. On ne peut que courir au désastre.
Et désastre, on n’en est pas loin, tant Tango & Cash est boursouflé de tous côtés. On ne sait jamais sur quel pied le film veut danser. Polar dur ? Comédie policière ? Film de prison ? Film d’action à grand budget ? On est dérouté, mais il faut l’accepter sinon on ne profite pas du spectacle. Non, ce qu’il faut faire c’est débrancher son cerveau, le poser à côté de soi et se laisser porter par des scènes de baston, qui franchement marchent bien portées par des comédiens très investis, des répliques viriles très années 80 qui donnent le sourire, une musique au synthé comme on n’en fait plus… C’est la principale qualité de Tango & Cash, c’est que malgré ces énormes défauts, subsiste un spectacle généreux où le cinéphile qui n’est pas bégueule sur la qualité se laissera happer avec un plaisir gourmand.
Tango & Cash (1989) de Andreï Kontchalovski et Albert Magnoli avec Sylvester Stallone, Kurt Russel, Teri Hatcher, Jack Palance…
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