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On ne meurt que deux fois (1985) – Critique

Michel Serrault, Charlotte Rampling dans On ne meurt que deux fois (1985)

On ne meurt que deux fois – Point de départ

Paris, une nuit d’hiver. Une voiture se gare dans un endroit désert. Une femme en bas résille et talons aiguilles descend côté passager. Un homme chaussé de derby sort côté conducteur. Il ouvre le coffre. Un homme ensanglanté agonise. Le lendemain, il est retrouvé mort par la maréchaussée. L’inspecteur Robert Staniland, un flic aux méthodes orthodoxes, est chargé d’enquêter sur la mort de cet homme, Charly Berliner de son nom.

Affiche on ne meurt que deux fois (1985)

On ne meurt que deux fois – Critique

Sur le papier, on a Jacques Deray comme réalisateur, Michel Audiard au dialogue (cela sera son avant-dernier), Claude Bolling à la musique, et Michel Serrault, Charlotte Rampling, Elisabeth Depardieu, Xavier Deluc Gérard Darmon, Jean-Pierre Darroussin, Jean-Pierre Bacri comme acteurs. On est en droit de se dire « ça va être un polar sympathique ». Malheureusement il n’en est rien.
Je l’avais vu, une première fois, il y a quelques années. J’en conservais un souvenir nébuleux, nostalgique à l’égard de ce Paris des années 80 que je n’ai jamais réellement connu. J’avais surtout en mémoire les dialogues de Serrault et de Bacri dans ce bistro la nuit tombée. Et d’une façon générale, le film possédait une ambiance trouble qui n’était pas pour me déplaire.
Alors parfois, il est bon de laisser certains films au placard de ses souvenirs. Car On ne meurt que deux fois n’a pas supporté un second visionnage.
Jacques Deray s’attaque à un sujet vénéneux (une femme aux mœurs très libres) en faiseur académique. L’ensemble respire le conventionnel, voire le réchauffé. Le rythme est mou, les dialogues sont solennels, et la mise en scène est très classique. De plus le penchant déjà observé de Jacques Deray pour une forme de voyeurisme érotique, qu’on voit à l’œuvre dans Le Marginal par exemple, est ici de mise. Cela n’apporte rien au film, ça le décrédibilise même. Cette histoire qui nage dans le lac sombre d’une sensualité interdite aurait pu prendre une tout autre ampleur avec un réalisateur imprégné par Barbey d’Aurevilly par exemple. Je pense à cet auteur car ses livres baignent d’une ambiance mystique et érotique, dans lesquels on trouve des thèmes portés par le film. Hélas Jacques Deray se contente de nous offrir un spectacle peu digeste, pas très inspiré, lui qui nous avait régalés avec La piscine ou Flic Story.

Bacri et Serrault dans On ne meurt que deux fois (1985)


Tout n’est pas à jeter cependant. Les acteurs, malgré un scénario qui ne les place pas à leur avantage, sont sans faute. En premier lieu, Michel Serrault et Charlotte Rampling sont impeccables dans leur rôle. Quelle confrontation cela aurait pu être avec plus d’inspiration !
La musique de Claude Bolling est inquiétante à souhait. Certaines scènes apportent une ambiance éthérée presque surréaliste qui n’est pas sans intérêt. Non c’est vraiment dommage. Car il y avait tout pour que ce polar nous emporte aux confins de l’horreur. Une horreur, intellectuelle, qui ne se dévoile pas d’un point de vue charnel mais qui plonge dans le réel de l’imaginaire : « les peintres puissants peuvent tout peindre et que leur peinture est toujours assez morale quand elle est tragique et qu’elle donne l’horreur des choses qu’elle retrace » selon le mot de Barbey en préface des Diaboliques.

On ne meurt que deux fois (1985) réalisé par Jacques Deray avec Michel Serrault, Charlotte Rampling, Elisabeth Depardieu, Xavier Deluc, Gérard Darmon

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