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Maigret et l’indicateur (1971) – Critique

Maigret Bruno Cremer

Maigret et l’indicateur – Point de départ

Maigret dort profondément. C’est d’ailleurs une constante chez Maigret, il aime dormir. Il n’appartient pas à la race des flics surexcités dopés à l’adrénaline et donc aux insomnies. Bosser de nuit, il le fait, mais ça l’emmerde pour être franc. Maigret dort quand soudain le téléphone sonne.
Quand le téléphone sonna et que Maigret manifesta son déplaisir par un grognement, il n’avait pas la moindre idée de l’heure qu’il pouvait être.
C’est l’inspecteur Lucas à l’autre bout du fil, qui est de service de nuit. Le commissariat du XVIIème arrondissement vient d’appeler au 36. Ils ont retrouvé Maurice Marcia mort sur l’avenue Junot. Maurice Marcia, le patron de la Sardine, un restaurant fréquenté par tout le gratin parisien. Maurice Marcia, un truand retiré des affaires depuis longtemps, qui se rachetait une grande dose de respectabilité. Sa mort va faire du bruit songe Maigret. Madame Maigret, fidèle au poste, se lève et fait du café. Commence alors pour Maigret une enquête éprouvante, où il va devoir se mettre en chasse d’un drôle de loustic.

Maigret et l'indicateur

Maigret et l’indicateur – Critique

Écrit en 1971, Maigret et l’indicateur est un très bon Maigret. Simenon, comme à son habitude, nous plonge dans une ambiance lourde à souhait où derrière des apparences feutrées, le drame est présent, silencieux et implacable. Ce roman est comme une grosse pelote de laine qui se dépiaute au fur et à mesure de la lecture. Plusieurs enjeux et personnages sont à la disposition du génial écrivain, les utilisant avec une science chevronnée. On sent toute l’habitude du maître. Là où un jeune romancier plein d’ardeur ne saurait plus où donner de la tête, ne sachant s’il faille accentuer le trait dans cette situation ou, au contraire, passer vite dans celle-ci, Simenon délivre une partition pleine d’équilibre, où le lecteur n’est suspendu à sa prose, guettant les révélations. Bien évidemment, le principal intérêt de lire Maigret n’est pas dans la quête obsessionnelle de rebondissements incessants, mais on se laisse agréablement surprendre, pensant maladroitement le chemin balisé. Erreur naïve, car Simenon sait nous tenir en haleine jusqu’au point final. Dans Maigret et l’indicateur, l’ambiance et le suspens sont réunis en un cocktail savoureux, et qui se déguste trop vite. Cocktail à boire sans modération.

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