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Le crime était presque parfait (1954) – Critique

Le crime était presque parfait (1954)

Le crime était presque parfait – Point de départ

Tony Wendice, joueur de tennis à la retraite, n’est pas un exemple. Il tient plus du dandy cynique et opportuniste que du bourreau de travail. Pourtant il est marié à une très belle femme Margot. La vie devrait être belle. En plus, celle-ci a beaucoup d’argent, ce qui pour Tony est une excellente chose. Malheureusement il sent bien qu’il ne remplit pas la case « bon père de famille », ce que Margot voudrait qu’il soit. Il va découvrir alors que sa femme entretient une liaison avec un célèbre auteur américain de romans policiers. C’est le drame pour Tony. Tout peut s’effondrer d’un instant à l’autre. Une solution lui vient. Elle semble, à ses yeux, la plus cohérente : commettre le crime parfait. Le film démarre la veille de ce « crime parfait ».

Le crime était presque parfait – Intrigue

Ce chef-d’œuvre d’Hitchcock pourrait se résumer à un huis clos policier aux milles détails. Toute la force de l’intrigue, qui tient sur un bout de papier, réside dans cette succession de micro-évènements dont le spectateur essaye de ne louper aucune étape pour aboutir au spectaculaire dénouement. Le spectateur n’est pas face une énigme puisqu’on connaît le coupable mais face à un puzzle ardu dont il assiste avec un plaisir jubilatoire à la résolution. Ce plaisir jubilatoire est renforcé par un impératif temporel. Sans dévoiler l’intrigue, le puzzle doit être fini avant le gong fatidique.
L’intrigue dans Le crime était presque parfait ne présente pas d’effets et de situations spectaculaires. Tout se passe dans un appartement londonien, mis à part une scène dans un club et quelques plans extérieurs. On est donc comme aspiré dans un endroit assez exigu, voyeuristes (à la manière de Fenêtre sur cour) devant cette pelote de laine bien emmêlée.

Affiche - Le crime était presque parfait (1954)

Le crime était presque parfait – Critique

Le huis clos est un exercice de style passionnant mais d’une difficulté extrême. Comment tenir en haleine le spectateur dans un espace figé ? Hitchcock avant Le crime était presque parfait avait magnifiquement appréhendé ce canevas avec La Corde, où tout se passait dans un appartement new-yorkais, entièrement filmé en plan-séquence. L’innovation technologique d’ailleurs pour Le crime était presque parfait fut de filmer en 3D. Une innovation qui ne rencontrera pas le succès chez les spectateurs de l’époque, très peu de cinémas étant équipés du matériel nécessaire à la diffusion de films 3D (mais aujourd’hui il est possible en achetant le Blu-ray adéquat – voir en bas de l’article ⬇️ – de voir le film en 3D).
Là-dessus Hitchcok sur une intrigue très mince mais d’une forte densité, dresse le portrait de trois personnages aux situations, en apparence, très définies mais dont il se plaît à égratigner la carapace. Le mari, la femme, l’amant… Leurs caractères, leurs qualités, ce qui fait leur grandeur d’âme sont passés au scalpel du génial metteur en scène. Ici, point de jugement moral. Le crime paraît même être une activité digne de louanges, tant il revêt de sang-froid et de courage. Ce même discours, sous-jacent dans le film, se retrouve à la lumière dans La Corde. On sent le plaisir provocateur d’Hitchock de jouer là-dessus. Ce qui est fascinant pour le spectateur. La dernière scène sans la raconter illustre parfaitement cette volonté du réalisateur de présenter « le Mal sous des espèces flatteuses » selon les termes de Claude Chabrol. Ce plaisir provocateur on le retrouve aussi dans le fait de vouloir martyriser physiquement une actrice comme Grace Kelly, blonde comme un ange, symbole absolu de la beauté. La scène du meurtre en est l’exemple frappant Ajoutez à cela cette science presque mathématique de la mise en scène pour nous faire assister à la solution du problème, Le crime était presque parfait est un film jouissif à bien des égards, et ne prend pas une ride malgré les années !

Le crime était presque parfait (1954) réalisé par Alfred Hitchcock avec Ray Milland, Grace Kelly, Robert Cummings…

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