Il était une fois un flic – Point de départ
Nous sommes à Nice en l’an de grâce 1971 (l’expression est désuète mais je l’aime bien). Comme tout bandit qui se respecte Maurice Lopez va à la messe le dimanche. Seul hic, un duo de tueurs au look impeccable possédant une maîtrise du fusil à lunette très propre lui colle une balle dans le buffet alors qu’il sortait de l’église. Sur le macchabée, on trouve une lettre de Maurice pour son frère Louis, propriétaire d’un bar à Tunis, l’invitant à venir s’installer sur la Côte-d’Azur avec sa petite famille. À Paris, on voit dans ce meurtre l’occasion d’approcher le clan pour qui travaillait Maurice Lopez, le clan Manoni. Le commissaire Campana (Michel Constantin) de la brigade des stups propose de descendre à Nice en se faisant passer pour le frère du mort. Cependant autre hic, il doit emmener, pour être plus crédible, une femme et un enfant. Il se trouve que Campana est célibataire. On lui adjoint donc la compagnie d’une belle veuve (Mireille Darc) et d’un garnement de neuf ans.

Il était une fois un flic – Critique
Réalisée par Lautner, sur un scénario de Francis Veber (son deuxième scénario, qui le propulsera en haut de l’affiche grâce au succès du film), Il était une fois un flic est une comédie policière assez sympathique. Pourquoi « assez sympathique » ? Peut-être parce qu’on rit avec aisance sans arrière-pensée. Mais on ne rit pas toutes les deux minutes, d’où le « assez sympathique ». On rit, on sourit, on passe un bon moment. C’est déjà remarquable. Devrait-on dire « assez remarquable » ? C’est gênant, car il y a des comédies policières bien plus mémorables. En effet, un des critères de qualité les plus indéfectibles d’un film (ça marche aussi pour toute œuvre d’art type livre, tableau, bibelot…) est la mémoire. Est-ce que ce film marquera mon esprit ? Dans le cas d’Il était une fois un flic, quelques bribes tout au plus, ce qui est assez. Il y a quand même une scène inutile de nudité. C’est fâcheux mais c’était l’époque, dirait-on. Un deuxième critère implacable est le suivant : est-ce que ce film peut être vu une fois par an ? À cette question, je réponds non. Il n’est pas assez emballant pour ça. Toutefois, le sourire de Mireille Darc, le rythme ciselé du film (on sent la patte de Francis Veber), le premier rôle de Michel Constantin que Veber appelait « le Canada Dry Lino Ventura » qu’on pourrait traduire en « ça a la couleur de Ventura, ça a le goût de Ventura… Mais ce n’est pas Ventura », la frimousse drolatique du jeune garçon de neuf ans, les relations au sein de ce trio familial temporaire… font qu’on ne s’ennuie pas. De plus le film se passe entièrement à Nice, sous un beau soleil. Il peut donc être envisagé comme un médicament à toute carence de vitamine D. La musique d’Eddie Vartan aussi est « assez sympathique », très années 1970. Toutefois regarder ce film lorsqu’on construit sa filmographie personnelle en pleine adolescence, peut nous inciter à le basculer rapidement dans la catégorie des films cultes. Ça tient à peu de chose finalement de passer de « assez sympathique » à « culte ». Une question d’années, d’émerveillement, d’innocence… Je m’arrête ici. Allez le voir. C’est plus simple. Ce n’est pas du temps de perdu. Au contraire.
Il était une fois un flic (1972) réalisé par Georges Lautner sur un scénario de Francis Veber, avec Michel Constantin, Mireille Darc, Michael Lonsdale, Daniel Ivernel…
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