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Go Fast (2008) – Critique

Roschdy Zem dans Go Fast (2008)

Gost Fast – Point de départ

« Cette histoire s’inspire de faits réels ». Le ton est donné juste avant le générique. On joue la carte de la crédibilité, de l’immersion quasi documentaire. Le plan d’un homme de dos face à un mannequin de cire. Il regarde aux jumelles dehors. Nous sommes en pleine nuit. Paris ou sa proche banlieue. Deux personnes marchent d’un pas pressé dans la rue. Un homme et une femme. L’homme pose un mouchard sur le pare-chocs arrière d’une BMW garée devant une bijouterie. Il se cache ensuite sous une autre voiture et indique au chef de groupe, Jean-Do, l’homme aux jumelles, que tout est prêt. La collègue du type sous la voiture croise deux hommes sur une moto. Le passager est laissé au bas de la rue. Il file vers la BMW et la démarre laissant la place libre face à la bijouterie. Pour quelle raison ? Pour que deux complices défoncent la devanture du magasin en marche arrière avec leur gros 4×4.

Affiche Go Fast (2008)

Go Fast – Critique

Avertissement : si vous n’avez pas vu le film, je vous conseille vivement d’aller le voir avant de lire ces lignes.

Avec cette scène d’exposition, dont je n’ai dévoilé que les deux premières minutes, Olivier Van Hoofstadt, le réalisateur, nous met tout de suite dans le bain. On est devant un film qui se veut réaliste, tendu, oppressant. Alors est-ce que cette note d’intention est respectée tout au long du film ? C’est la question que l’on est en droit de se poser car combien de fois, des scènes d’exposition brillantes débouchent sur des films ennuyeux voire mauvais ? L’exemple le plus frappant qui me vient en tête est Drive (2011) de Nicolas Winding Refn. Les dix premières minutes avec cette scène de braquage et de course-poursuite étaient époustouflantes. Ensuite, le reste s’enlise dans un pseudo-remake du Samouraï de Melville où Ryan Gosling joue les autistes avec un metteur en scène qui se regarde filmer. On s’est tous fait avoir sur le coup, votre serviteur y compris. Mais revenons à notre sujet, on aura l’occasion de parler de Drive une autre fois. Go Fast respecte donc son cahier des charges. Le spectateur est collé à son siège du début jusqu’à la fin. L’histoire est basique mais efficace.

Un flic infiltré de la PJ, Marek (Roschdy Zem), voit son coéquipier et ami, Jean-Do (Olivier Gourmet) se faire descendre lors d’une opération antidrogue dans une cité de la région parisienne. Marek est alors muté dans une nouvelle unité de la PJ spécialisée dans l’infiltration le SIAT (Service Interministériel d’Assistance Technique), montée de concert avec Ia DEA (Drug Enforcement Administration). Il est formé au RAID pour être envoyé sous couverture comme chauffeur de Go Fast (des transports ultrarapides de drogue en berline puissante) pour un gang de trafiquants stationné en Espagne, qui importent du cannabis du Maroc jusqu’à la France. Histoire basique, car les ressorts scénaristiques sont un peu grossiers. On les voit venir de loin. Si le film possède quelques faiblesses, c’est dans ce domaine. À trop vouloir privilégier l’action et le côté documentaire, elle en oublie certains personnages, et les résolutions du film reposent sur des ficelles un peu grosses ou pas très crédibles. Cependant, ces ficelles ont peut-être existé dans la vie réelle. Sauf qu’à l’écran, ça ne colle pas de façon idoine. Un scénario donc un peu faiblard, mais compensé par une action chirurgicale, bien menée, très agréable à suivre. Je me souviens d’être allé voir Go Fast au cinéma, et d’être sorti de la salle avec cette pensée en tête : « ça, c’est du bon film policier ». Oui, sans être un chef-d’œuvre (ce qu’il n’a nullement eu l’intention d’être d’ailleurs) Go Fast est un sacrément bon film, très bien documenté et réalisé. Le rythme ne baisse pas. Les acteurs sont impeccables, à commencer par Roschdy Zem et Olivier Gourmet. C’est ce réalisme apporté aux différentes scènes qu’elles soient d’action, de tension ou simplement explicatives, qui lui donne un autre cachet qu’une simple série B du samedi soir.

Go Fast (2008) réalisé par Olivier Van Hoofstadt avec Roschdy Zem, Olivier Gourmet, Jean-Michel Fête, Catalina Denis

Pour ceux qui aiment les bandes-annonces :

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