Basic – Point de départ
Des lettres police Stencil (la typographie militaire par excellence) sur fond noir. Puis un bateau sur le canal du Panama et une voix off, celle du capitaine Julia Osborne qui nous explique dans cette région, il y a toujours eu une relation étroite entre l’argent et la mort, faisant référence notamment au fait que les Français auraient vendu les cadavres d’ouvriers aux facultés de médecine pour financer une partie des constructions (fait absolument invérifiable en la matière). Nous sommes ensuite plongés dans la nuit tropicale, sous une pluie battante. Un exercice des rangers américains menés par un militaire démoniaque en la personne du sergent West. Cet exercice est à balles réelles. Ils sont six au total. N’en reviendront que deux. L’enquête peut commencer dans la nuit étouffante de ce coin hostile du globe…

Basic – Critique
Dernier long-métrage du génial John McTiernan avant ses démêlés avec la justice (une affaire d’écoute illégale qui lui vaudra presque un an de prison et une mise au ban d’Hollywood), Basic est un film jouissif. Rien que ça. Les puristes peuvent, en premier lieu, me stipuler qu’il ne s’agit pas d’un film policier mais d’un thriller militaire. Certes, mais l’essence même de ce film repose sur le canevas classique d’un film d’enquête d’où ma recension. Basic est un film jouissif donc car dans le processus joué et rejoué de l’enquête policière, il va plus loin que bien de ses congénères. Les rebondissements et les surprises s’enchaînent à une telle vitesse que cela donne le tournis. La jouissance que l’on éprouve en regardant ce film provient en effet d’un scénario très malin, qui frôle parfois la caricature du genre avec une certaine ironie. Les âmes rationnelles détesteront ces retournements de situation incessants, mais si vous appréciez le postulat que « tout est possible » alors montez dans le train McTiernan. Bien évidemment, sa virtuosité de mise en scène épouse totalement ce récit lancé à 2000 à l’heure. Le film est d’ailleurs d’une durée plutôt courte pour ce genre puisqu’il fait exactement 1h39. Tout se condense pour happer le spectateur. Une des caractéristiques des réalisations de Mc Tiernan est sa générosité. Il n’y a pas de cynisme ou de pose chez lui. Du second degré de temps en temps, c’est évident, car l’homme a du recul sur ce qu’il filme. Il maîtrise parfaitement les mécaniques de sa technique, visuelle et narrative, pour en jouer avec dextérité et s’en amuser. Nous spectateurs, sommes alors pris dans ce huis clos oppressant et virevoltant avec la sensation troublante de ne pas tout comprendre, mais de savoir qu’au bout du tunnel, la lumière sera faite. Le film invite alors à un second visionnage, puis à un troisième… Car je peux vous assurer que même en connaissant la plupart des rouages de la trame scénaristique, le plaisir est intact devant un morceau de cinéma qui se fiche de certaines conventions classiques pour pousser les potards à fond !
Basic (2003) réalisé par John McTiernan avec John Travolta, Connie Nielsen, Samuel L. Jackson, Giovanni Ribisi…
Pour ceux qui aiment les bandes-annonces :
